Plaintes du « Réseau de l’Arc » et du « Casinò de Mendrisio » admises
Bern, 07.09.2026 — Dans le cadre des délibérations publiques du 3 septembre 2026, l'Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) a admis une plainte contre un reportage de l'émission « 36.9° » de la Radio Télévision Suisse (RTS) sur la problématique des coûts de la santé et contre un reportage de l’émission « Falò » de la Radio Televisione Svizzera di lingua italiana (RSI) sur le Casinò Admiral de Mendrisio. En revanche, elle a rejeté une plainte contre un article de RTS Info sur les complications liées à des opérations de chirurgie esthétique réalisées à l'étranger et à leurs conséquences sur le système de santé suisse.
Le 3 septembre 2025, la RTS a diffusé, dans le cadre du magazine de santé « 36.9° », un reportage abordant la problématique de l'augmentation des coûts de la santé et présentant des réseaux de soins intégrés comme l’une des solutions susceptibles d’y répondre. Il s’est, notamment, intéressé au « Réseau de la Côte » et au « Réseau de l'Arc », à leur fonctionnement et à leur financement. Dans une plainte individuelle, il est reproché au reportage d’avoir présenté le « Réseau de la Côte » essentiellement sous l’angle de l’innovation et des bénéfices pour les patients, alors que le « Réseau de l’Arc » est principalement associé à la rentabilité, à l’expansion et aux intérêrets économiques de groupes privés, sans suffisamment expliquer le mécanisme propre de ce réseau. Selon les plaignantes, les allégations à l'égard du « Réseau de l'Arc » seraient inexactes, voire erronées, discréditantes, dénigrantes et diffamatoires. Lors de la délibération publique, la majorité des membres de l’AIEP est arrivée à la conclusion que le reportage pouvait adopter un angle critique sur le « Réseau de l’Arc ». Toutefois, elle a observé qu’une différence marquée de tonalité entre les deux réseaux, une présentation insuffisante du fonctionnement concret de son modèle d’assurance et, surtout, l’absence d’explication de son modèle de financement par forfait global (« full capitation ») ont, par leur effet cumulatif, empêché le public de se forger sa propre opinion. Les membres ont ainsi considéré que le principe de la présentation fidèle des événements avait été violé. L’AIEP a admis la plainte par 5 voix contre 2 (b.1082).
Le 19 novembre 2025, la RSI, dans le cadre cadre l'émission « Falò », a diffusé un reportage en deux parties intitulé « Ombre sul Casinò ». La première partie du reportage s'est penchée sur une enquête journalistique concernant des signalements relatifs à des activités et pratiques au sein du Casinò, notamment à l'existence de préteurs d'argents. Dans la seconde partie, il a été abordé la problématique liée au non rénouvellement de la convention collective du travail au Casinò Admiral et à l'atmosphère de travail déléthère qui y régne. Dans une plainte individuelle, il est reproché au reportage d'avoir présenté les faits de manière impartiale et d'avoir rapporté de manière suxcinte et insuffisante les deux ordonnances de classement sans expliquer les raisons et les motivations du procureur général, tout en suggérant que des zone d'ombres subsistaient. Au cours de la délibération publique, les membres de l’AIEP ont considéré que la plaignante, directement visée, n’avait pas pu prendre position de manière adéquate et avec ses meilleurs arguments en réponse aux graves accusations proférées tout au long du reportage. L’AIEP a par ailleurs déploré que, lors d’un débat en studio, la rédaction ait interrogé sans aucune critique un représentant syndical qui se présentait comme un expert en droit pénal. L’émission n’a pas maintenu une distance critique face au résultats de sa propre enquête. L’impression générale qui se dégage du reportage laisse entendre que le Casinò est coupable d’activités illicites. Le principe de la présentation fidèle des événements a ainsi été violé. L'AIEP a admis la plainte à l'unanimité (b.1085).
En revanche, l'AIEP a rejeté une plainte contre l’article de RTS Info du 13 mars 2026 intitulé « Les coûts cachés de la chirurgie esthétique à l'étranger pour le système de santé suisse ». L'article traitait des interventions de chirurgie esthétique réalisées à l’étranger, des complications susceptibles de survenir, de leur prise en charge par le système de santé suisse et de leurs coûts. Dans une plainte individuelle, il est fait grief du caractère trompeur de certains éléments essentiels. Il y est observé l’absence de base scientifique comparative, un biais de sélection lié au type d’établissement étudié et y est critiqué la mise en perspective des chiffres cités. Au cours de la délibération publique, les membres ont relevé que l’article en ligne n’affirmait pas que les interventions à l’étranger présentaient davantage de risques qu’en Suisse et n’avait pas pour objet de comparer les taux de complications. Ils ont observé que certaines formulations auraient pu être plus nuancées et les données de l’étude citée mieux contextualisées. Ces imperfections n’étaient cependant pas de nature, compte tenu de l’impression générale de l’article en ligne, à empêcher le public de se forger librememen sa propre opinion. Le principe de la présentation fidèle des événements n’a ainsi pas été violé. L’AIEP a rejeté la plainte à l’unanimité (b.1092).
Les délibérations publiques ont également portées sur trois plaintes contre la Schweizerische Radio und Fernsehen (SRF). Medienmitteilung
L’AIEP est une commission extraparlementaire de la Confédération. Elle se compose de neuf membres exerçant leur activité à titre accessoire et de trois membres du secrétariat. La commission est présidée par l’avocate et consultante en communication Mascha Santschi Kallay. Dans son traitement des plaintes, l’AIEP doit établir si les contenus d’émissions diffusées de radio et de télévision par un diffuseur suisse ou les contenus des autres services journalistiques de la SSR (offres en ligne, télétext etc.) violent les dispositions relatives au contenu des publications rédactionnelles ou si le refus du diffuseur d’accorder l’accès au programme ou à une autre publication est illicite. Les décisions de l’Autorité de plainte peuvent être attaquées auprès du Tribunal fédéral.
Remarque : le communiqué de presse sert à l’information du public et des médias. Les formulations utilisées peuvent différer de la décision qui doit encore être rédigée. Seule la motivation écrite de la décision, que l'AIEP publiera en temps voulu sur son site Internet, est déterminante pour la jurisprudence.