Apertura della 43a sessione del Consiglio dei diritti dell'uomo (fr)

Berna, 24.02.2020 - Ginevra, 24.02.2020 - Allocuzione del Consigliere federale Ignazio Cassis - Fa stato la versione orale

Madame la Présidente du Conseil des Droits de l’Homme,
Monsieur le Président de l’Assemblée Générale,
Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,
Madame la Haute Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellences,
Mesdames et Messieurs

1. 75 années ONU
Nous sommes en 1945. La Seconde Guerre mondiale et les horreurs de l'Holocauste viennent de se terminer. Le monde est secoué. Les Etats cherchent une voie pour éviter que de telles atrocités puissent se répéter. L’ONU en est la réponse. Son but est de prévenir les guerres. Pour y parvenir, les Nations Unies proclament leur foi « dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites […] » . Tout le monde poursuit un objectif commun : le maintien de la paix.

Aujourd’hui, 75 ans plus tard, beaucoup d’entre nous considèrent ces principes comme … allant de soi. Pourtant, cela ne va pas de soi. La génération des milléniaux par exemple est de plus en plus éloignée des horreurs de la guerre. Que faire ? Elias Canetti, lauréat du prix Nobel de littérature en 1981, nous donne la réponse. Il nous dit : « Le plus difficile : découvrir encore et encore ce que l'on sait de toute façon. »

La Charte de l’ONU n’est pas acquise une fois pour toute. Nous sommes tous et toutes appelés à l’expliquer ainsi qu’à protéger et défendre ses valeurs … encore et encore.
Les droits de l’homme, avec les deux autres piliers de l’action de l’ONU - à savoir la paix et le développement – sont le fondement de l’Etat de droit, auquel nous croyons. Aucune société ne peut rester pacifique, saine et durable sans le respect des droits fondamentaux de l'homme. La Suisse en est convaincue.

2. Réformes ; Genève internationale
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Dans un monde en évolution, les institutions doivent elles aussi évoluer pour ne pas s’effacer. L’ONU ne fait pas exception à la règle. Le train de réformes lancées par le Secrétaire Général est nécessaire pour faire face aux défis de notre époque. Les dialogues transnationaux doivent s’adapter aux besoins de la génération des milléniaux. Je suis honoré que la Suisse, en tant que pays hôte de ce Conseil des droits de l’homme, puisse fournir un espace propice à ces dialogues.

J'ai ainsi l'honneur de vous accueillir aujourd'hui à la Genève internationale, centre de gouvernance pionnier et novateur. C’est ici que nous cherchons des solutions aux problèmes complexes d’aujourd’hui et de demain. Permettez-moi d'aborder deux défis actuels pour l’humanité, qui me tiennent à cœur : la numérisation et le changement climatique.

2.1. Numérisation et droits de l’homme
Les nouvelles technologies créent à la fois de nouvelles opportunités et de nouveaux défis.
La technologie digitale a par exemple un immense potentiel pour renforcer les droits de l'homme. L'internet donne accès à une quantité d'informations sans précédent et crée ainsi de nouveaux potentiels pour la liberté d'expression et de rassemblement. Simultanément, l'anonymat du cyberespace crée de nouvelles menaces et favorise la propagation des discours de haine.

Dans le cadre de sa stratégie de politique étrangère, la Suisse place la révolution numérique et les nouvelles technologies au cœur de son action. Sous l’étiquette de « Tech 4 Good » notre coopération au développement amplifie par exemple la palette des instruments disponibles : de la fintech aux drones. Nous explorons de nouvelles pistes de « Science-diplomacy » en collaboration avec le secteur privé et les universités afin d’aider les Etats à dialoguer et les individus à améliorer leur qualité de vie. Genève développe ainsi sa fonction de hub de la gouvernance digitale, où les politiques numériques sont débattues, évaluées et adoptées. Je pense par exemple à la « Geneva Internet Platform » ou encore à la fondation « Geneva Science-Diplomacy Anticipator », dont le but est d’anticiper l’impact des nouvelles technologies sur nos sociétés. De telles plateformes mettent les droits de l’homme au centre de leurs réflexions, comme le fait, cette année, le « Glion Human Rights Dialogue », qui vous invite à discuter sur le rôle de ce Conseil dans le monde numérique.

2.2. Environnement et droits de l’homme
Le deuxième défi que je souhaite mentionner est celui du changement climatique, dont l’impact sur le développement des populations, leur santé et leur vie est primordial. Il est peut-être banal de le rappeler, mais aucun pays, voire aucun continent ne peut résoudre ce problème à lui tout seul.

Les Nations Unies fournissent les plateformes nécessaires pour s'attaquer à ce défi et faire face au changement climatique. Avec l'Agenda 2030 et l’Accord de Paris, l’ONU nous fournit le cadre nécessaire. Mais chaque pays doit y croire ! La Suisse est prête à œuvrer pour la neutralité carbone en 2050 et à partager son expertise acquise dans différents domaines. Conjointement avec nos partenaires, nous présentons une résolution sur l’environnement et les droits de l’homme cette année au Conseil.

3. Conclusion / “call for action”
La Charte de l’ONU reste donc notre cadre commun de coopération internationale pour la protection et le bien-être de chacun. Dans son premier Article, elle appelle les Etats à résoudre les défis internationaux « en développant et en encourageant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion ».

En tant que suisse, je dis avec fierté que je viens d'un pays multiculturel. C’est avec une attention quotidienne que la Suisse réussit à faire coexister en paix des cultures différentes. Et cela ne va pas de soi pour un pays avec quatre langues nationales. Nous sommes conscients du fait qu’il faut mettre en avant ce qui nous rassemble, et non ce qui nous divise ; que la diversité – culturelle comme politique - est une source de force et non de faiblesse.

Il en va de même sur la scène internationale : les 75 dernières années nous ont démontré que les grands défis de l'humanité ne peuvent être relevés qu'ensemble. Cela est particulièrement vrai dans le domaine des droits fondamentaux de l'homme.
Je voudrais alors conclure mon intervention en vous rappelant encore une fois les paroles d'Elias Canetti :

« Le plus difficile : découvrir encore et encore ce que l'on sait de toute façon. »

Il nous appartient de redécouvrir les connaissances acquises au cours de ces 75 années. Nous sommes appelés à agir ensemble La Suisse se place au premier rang pour bâtir des ponts au sein des institutions, au sein de l’ONU. Nous appelons tout le monde à contribuer à ces efforts.

Merci pour votre attention.


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