Sommet des Chefs d’Etat de la COP27 sur le climat à Charm el-Cheikh

Charm el-Cheikh, 07.11.2022 - Discours du Président de la Confédération et chef du Département fédéral des affaires étrangères DFAE, Ignazio Cassis - Seul la parole prononcée fait foi

Monsieur le Président de la République Arabe d’Egypte, Abdel Fattah el-Sisi
Monsieur le Secrétaire-général des Nations Unies, Antonio Guterres
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de gouvernement,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Le changement climatique est un immense défi. Cette année, il a laissé derrière lui des ravages dévastateurs - que ce soit lors des inondations au Pakistan, ou lors des vagues de chaleur et sècheresse qui ont sévit en Suisse et sur le reste du continent européen.

Le message des scientifiques est clair: nous devons plafonner nos émissions globales au plus tard d’ici 2025 !

Chers collègues,

la COP27 ne peut pas être la conférence où nous perdons de vue l’objectif des 1.5°C.

Bien au contraire : la COP 27 doit renforcer cet objectif !
Mais soyons clairs: sans efforts renforcés des pays membres du G20 - qui représentent 80% des émissions globales - nous ne pouvons pas limiter le réchauffement climatique en dessous de 1.5°C.

Les plus pauvres qui contribuent le moins aux émissions, sont ceux qui vont souffrir le plus.
Nous ne pouvons pas accepter ces conséquences.
Un effort concerté entre nous tous - pays comme organisations internationales - est indispensable. Nous pouvons limiter le changement climatique, si nous le voulons.

La Suisse est prête !

Durant notre mandat au Conseil de Sécurité de l’ONU, nous allons davantage considérer les risques climatiques sur la sécurité et la paix.

Il est ainsi aussi crucial de maintenir les objectifs climatiques fixés, malgré le contexte actuel de la crise énergétique.
La Suisse ne va pas dévier de ses objectifs. Mon pays a répondu à l’appel de Glasgow, en communicant des nouvelles mesures qui permettront de renforcer la mise en œuvre de notre contribution déterminée au niveau national.

Pour la première fois à Glasgow, les pays se sont engagés à éliminer le charbon et supprimer les subsides aux énergies fossiles.

Cette COP 27 doit demander à chaque pays de présenter un calendrier concret de désinvestissement des énergies fossiles !

Enfin, la COP27 doit lancer un programme de travail sur l’atténuation du changement climatique, capable de renforcer les objectifs et d’accélérer les politiques climatiques des pays.

Les réductions drastiques d’émissions sont le meilleur moyen de minimiser les besoins d’adaptation et d’éviter les dommages dus au changement climatique.

À la COP27, nous devons multiplier les efforts en matière d’adaptation au niveau mondial.

Des solutions efficaces aux défis des pertes et dommages sont nécessaires pour atteindre nos buts. L’innovation est indispensable : je pense aux défis causés par les événements à évolution lente.

Et toutes ces solutions doivent également être efficientes, c’est-à-dire pouvoir être payées, car les moyens à disposition sont limités. De même, il nous faut trouver des sources de financement additionnels, comme par exemple le principe de pollueur-payeur.
Sans une contribution financière des grands émetteurs, y inclus l’industrie fossile, il sera difficile de faire face avec succès à ces défis.

Il va sans dire qu’une coordination forte entre tous ces instruments et toutes ces institutions est difficile mais fondamentale !

La Suisse s’engage pour que le prochain objectif de financement climatique - pour après 2025 - soit à la hauteur des besoins actuels.


Mesdames et Messieurs,

Mon pays est prêt. La mise en œuvre des objectifs de l’Agenda 2030 du développement durable est notre tâche commune.
Malgré les défis énergétiques actuels, la Suisse s’engage à maintenir ses objectifs, à savoir :

a) couper de moitié ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et
b) viser la neutralité climatique d’ici au plus tard 2050.

La transformation énergétique est une opportunité pour nous tous, tant au niveau environnemental qu’économique (emplois et prospérité), culturel et scientifique.

Tous les pays sont appelés à contribuer.

Ceux qui ont plus de capacités peuvent fournir aux pays plus faibles le soutien financier nécessaire pour cette tâche commune qu’est la transition énergétique.

La Suisse contribue à l’objectif des 100 milliards.
Je suis ainsi fier d’annoncer aujourd’hui  le financement suivant :

sous réserve de l'approbation du Parlement, 155 millions de francs suisse au Fonds pour l’environnement mondiale, 12 millions au Fonds spécial pour le changement climatique et 16 millions au Fonds pour les pays les moins avancés au cours des quatre prochaines années. Ces deux fonds se concentrent sur les mesures d'adaptation.

- En plus de notre participation de 9 millions, une contribution additionnelle de CHF 4 millions à l’initiative CREWS pour le développement de systèmes d’alerte précoce pour tous,

- enfin une contribution de CHF 8 millions supplémentaires au programme de financement et d'assurance contre les risques de catastrophe de la Banque mondiale.

Ceci montre l’engagement de la Suisse pour les pays en développement. J’aimerais bien le souligner encore une fois : La Suisse est convaincue, que tous les pays qui ont la capacité doivent soutenir les pays qui souffrent le plus du changement climatique.

Je vous remercie pour votre attention.


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