Fête du 1er août 2022: Discours du président de la Confédération à Lausanne

Berne, 01.08.2022 - Lausanne, 01.08.2022 – Discours du président de la Confédération et chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Ignazio Cassis - Seul le texte prononcé fait foi

Madame la Présidente du Conseil d’Etat
Monsieur le Syndic de Lausanne
Monsieur le Président du Conseil de Fondation de Plateforme 10
Monsieur le Directeur de Plateforme 10
Monsieur le Directeur des CFF
Monsieur le Directeur romand des CFF
Madame, Monsieur les Municipaux
Madame la Président du Grand Conseil
Madame la Présidente du Conseil des jeunes de Lausanne
Mesdames et Messieurs en vos titres et fonctions,
Chères Concitoyennes et Concitoyens,

Merci pour votre accueil !

C’est un grand plaisir pour moi de découvrir ce tout nouveau Quartier des Arts. Je termine ainsi en beauté mon voyage du 1er août en inaugurant – le temps d’une soirée – le quai 10 de la gare de Lausanne par lequel nous sommes arrivés !

Cette Plateforme 10 est l’endroit idéal à plus d’un titre pour la dernière étape de ma journée que j’ai passée en train. Ce train qui relie les 4 coins du pays, qui nous connecte, qui nous rapproche les uns des autres.  Le train qui est ici partout autour de nous : sur les rails voisins d’où je suis descendu, dans les murs d’origine de ce pôle muséal, tout comme dans les trois expositions actuelles dédiées au voyage dans l’imaginaire ferroviaire!

Mon voyage du jour était, lui aussi, ferroviaire, mais je peux vous assurer qu’il était bien réel ! Ce voyage m’a permis de traverser un pan de notre histoire nationale. Dans ces temps agités, j’ai voulu relier des lieux symboliques qui ont été, à différentes époques, témoins de crises et (surtout) de réconciliations. Par ce périple, j’ai souhaité rappeler l’incroyable capacité de compromis et l’esprit de cohésion qui ont fait la force de la Suisse et qui contribuent, encore aujourd’hui, à nous assurer un vivre ensemble unique en son genre. Il suffit de regarder le monde qui nous entoure pour se rendre compte de cette richesse inestimable !

Je suis donc parti tôt ce matin de la gare de Lugano pour rejoindre Knonau, dans le canton de Zürich. J’y ai partagé un brunch paysan sur les terres historiques des guerres de Kappel et du Sonderbund… Des lieux de hautes luttes et de solides alliances sur lesquels est fondée la Suisse moderne.

De crise et de réconciliation, il en a aussi été question lors de ma 2ème escale à Granges, dans le canton de Soleure. Là-bas, nous avons plongé dans le souvenir de la grève générale de 1918 – l’une des crises politique et sociale majeure de notre Etat fédéral. De tensions en compromis, cet épisode aboutira (en 1937) à la paix du travail, un autre élément fort de l’identité suisse !

Quittant Granges, je me suis ensuite arrêté à Yverdon pour embarquer une belle délégation vaudoise avant de venir toutes et tous ensemble vous rejoindre ici.


Mesdames et Messieurs,

Ces moments charnières de l’histoire suisse nous rappellent que la paix et la stabilité sont fragiles et qu’il faut en prendre soin, y compris chez nous. Tout peut basculer du jour au lendemain. L’histoire récente vient cruellement de nous le rappeler avec la survenance, sur le continent européen, d’une guerre, avec son lot d’horreurs et ses millions de femmes et d’enfants en exil. Une telle crise bouscule tout, nous obligeant potentiellement à revoir jusqu’à notre consommation personnelle d’énergie ! Cette période difficile nous prouve une fois de plus que rien n’est acquis. Et que la défense de nos valeurs et de notre modèle de société passe par l’engagement et le dialogue, tel que nous avons su le faire durant des siècles.

Je suis convaincu que le monde actuel a besoin de plus de « suissitude » (Swissness). C’est le message que je veux faire passer en ces temps incertains, en particulier à vous, les jeunes ici présents, dont certains m’ont fait l’amitié de m’accompagner depuis Lugano et Yverdon.  Au nom de ces valeurs, je m’engage à faire rayonner la Suisse, comme cela a été le cas à Lugano avec la Conférence sur la reconstruction de l’Ukraine ou encore au sein du Conseil de sécurité. La Suisse agit, elle est neutre mais pas indifférente. Je compte sur vous, sur votre jeunesse et votre engagement, pour appuyer cet élan positif aujourd’hui et surtout demain.


Chères Concitoyennes, chers Concitoyens,

Même divisés, les Suisses savent rester unis. Etrange phrase, vous me direz…  Pourtant - je viens d’en citer quelques exemples - cette maxime reflète parfaitement l’histoire de notre pays, de nos origines jusqu’aujourd’hui. « Rester unis » : c’est ce que nous avons appris à faire au cœur de l’Europe, sur notre territoire, point de rencontre entre 4 langues et autant de cultures. C’est ce que je veux fêter cette année en tant que Président de la Confédération : notre capacité à vivre ensemble et parfois même à aller à la rencontre des autres… Et je ne pense pas uniquement au temps des vacances où beaucoup d’entre vous plongent sous les Alpes pour ressortir dans le soleil tessinois ! Je pense à la diversité que nous rencontrons dans nos universités, nos écoles, nos rues, nos lieux de travail et de vie. Cette diversité que nous voyions fourmiller dans les gares aux heures de pointe.

Les gares, nous y revoilà ! Et ce n’est pas un hasard si je m’y réfère : elles sont au centre de mon parcours et de ma vie politique. Les gares, ces lieux d’arrivée et de départ, touchées de plein fouet par la pandémie. Une gare vide, c’est le symbole extrêmement fort d’une société à l’arrêt - Il en va de même pour les musées, me direz-vous !

Les gares, toujours, sont des points de rencontre ; les connexions dans le réseau ferroviaire qui nous relie. Et une grande partie de ce réseau, celui des CFF, fête ses 175 ans cette année ! Il est la carte de visite d’une Suisse moderne et efficace, connectée comme peu d’autre pays. Imaginez : d’une vallée au fin fond du Valais, vous pouvez être à Milan en quelques heures et quasiment sans attente ! Les connexions fonctionnent - même si elles sont parfois victimes de leur succès. Se déplacer si facilement est le résultat d’une suite de prouesses techniques et humaines, surtout face à notre dénivelé… Et autant dire que j’en profite pleinement aujourd’hui !

Chers Amis,

Les derniers nœuds ferroviaires de la journée m’ont donc amené dans le canton de Vaud. L’occasion de rappeler les paroles d’un célèbre Vaudois – non pas mon collègue Guy Parmelin mais Jean-Pascal Delamuraz, qui disait : « Les Suisses s’entendent bien car ils ne se comprennent pas… ». C’est un peu vrai… mais pas seulement ! Je pense surtout que nous sommes toutes et tous fiers de nos différences et de nos spécificités. Le secret de notre vivre ensemble est à chercher dans notre fierté commune d’être unique.

La preuve avec cette question – et je terminerai avec elle :

Dans quel autre pays un Président pourrait-il prendre un train de ligne et traverser 3 régions linguistiques dans la même journée, en s’arrêtant pour partager un moment de fête avec la population ?

Cela fait partie de notre culture, disons même de notre ADN ! Nous l’avons si bien intégré que cela nous paraît normal – mais n’oublions jamais que c’est une grande chance. Une chance qui mérite d’être choyée et cultivée.

Joyeuse Fête Nationale ! Et vive la Suisse !


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