Changer en cours de trajet devient plus agréable grâce aux interfaces de transports

Ittigen, 15.09.2020 - Les interfaces de transports contribuent à optimiser le passage d’un moyen de transport à un autre. Elles sont toutefois bien plus que ça, comme il apparaît au fil des articles du nouveau bulletin «Forum du développement territorial»: elles reflètent un aménagement urbanistique spécifique et offrent une multitude d’usages possibles.

Un terrain vague près d’une gare en périphérie d’une ville, quelques places de parking indiquées par un panneau : il n’en fallait pas plus, dans les années septante ou quatre-vingt, pour créer un parking-relais. Ce dispositif, conçu alors surtout pour inciter les pendulaires à passer en partie de la voiture aux transports en commun, a même souvent été efficace. Aujourd’hui toutefois, cette infrastructure minimale ne suffit plus, sauf exceptions rares. De véritables interfaces de transports, proposant de nombreuses options, sont désormais de mise. Outre les moyens de transport classiques, on y trouve par exemple aussi un accès à l’autopartage ou au vélopartage. De plus, ces interfaces constituent des sites adéquats pour concentrer le développement de l’urbanisation et contribuent à assurer l’accessibilité des espaces urbains, comme le montre la toute nouvelle édition du Forum du développement territorial, publié par l’Office fédéral du développement territorial (ARE).

Un programme de soutien coordonné

Les interfaces de transports ne doivent pas simplement résulter du hasard mais au contraire d’une planification volontaire qui les adapte aux besoins propres à chaque cas. Pour cela, la Confédération, les cantons, les villes et les communes préparent ensemble depuis le début de 2020 un programme spécifique, visant à accélérer la planification et la réalisation d’emplacements attrayants pour les changements de moyen de transport, afin de favoriser la mobilité combinée. Le programme comprendra une vingtaine de mesures à mettre en œuvre dans les quatre prochaines années. Le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) crée les conditions stratégiques et juridiques nécessaires, finance des projets dans le cadre de ses programmes d’infrastructures et accompagne les villes et les cantons sur le plan technique. Le Grand angle de cette édition expose l’avancement actuel du programme et démontre comment la mutualisation des ressources disponibles aux différents niveaux de l’État peut permettre de promouvoir des interfaces de transports de manière optimale.

La transition ville-campagne est cruciale

Un entretien croisé donne la parole à des invités, ici deux experts qui s’expriment sur le thème des interfaces de transports. Paul Schneeberger, chef de la politique des transports de l’Union des villes suisses, voit ce programme d’action comme une chance de plus de promouvoir chaque mode de transport de manière plus bénéfique, selon ses propres avantages. Il souligne d’un ton critique : « Jusqu’à présent, la route et le rail étaient souvent développés chacun de leur côté et non ensemble. » Son interlocuteur, Peter Goetschi, président central du Touring Club Suisse, est moins catégorique et invite à ne pas diaboliser l’automobile. À son avis, les transitions ne peuvent pas être délimitées trop strictement selon les modes de transport, mais doivent conserver une certaine fluidité d’utilisation.    

Les cantons et les sociétés vont de l’avant

Si les interfaces de transports ont déjà fait leurs preuves en beaucoup d’endroits depuis des années, elles bénéficient aujourd’hui d’une nouvelle dynamique. Le canton de Vaud, en forte croissance démographique, entend par exemple augmenter son offre de transports publics de trente pour cent au cours des prochaines années, comme l’expose un des articles. Depuis l’été 2019, le canton apporte donc un appui technique et financier à la réalisation de telles interfaces. L’accent est mis sur le réaménagement des plates-formes de bus régionaux, sur l’amélioration de leur connexion au réseau ferroviaire, sur l’augmentation de la capacité de stationnement réservée aux deux-roues et sur le développement des parkings-relais. De grands groupes reconnaissent eux aussi les avantages inhérents à la mobilité combinée – et en assurent la promotion active. La société Roche, par exemple, décrit tout ce qui a été fait depuis 2011 en étroite coopération avec les cantons, les entreprises de transport et des sociétés privées pour permettre aux collaborateurs et collaboratrices de ses deux sites de Bâle et de Kaiseraugst de recourir aux offres de mobilité de manière plus aisée, mieux ciblée et plus flexible. 

De bons exemples observés à l’étranger

On mise aussi ailleurs en Europe sur de bonnes interfaces de transports et sur leurs effets. Trois contributions illustrent cet intérêt nouveau. En France, les gares ayant une fonction d’interface de transports font depuis peu l’objet d’une attention prioritaire qui met davantage l’accent sur les besoins des piétons. Au Danemark, on se préoccupe de combiner planification, architecture et transports en vue d’un véritable design de la mobilité, cohérent et interdisciplinaire, comme on le découvre dans un article cosigné par deux auteurs de l’université d’Aalborg. Enfin, un article venu de Hollande décrit le projet intitulé Faites place, consacré au développement de points de correspondance pour les transports publics. Là-bas comme en Suisse, il devient manifeste que les interfaces de transports doivent impérativement être développées à l’échelle suprarégionale. Cette approche est indispensable pour assurer que ces points de correspondance et les offres de transport qu’ils servent créent entre eux une complémentarité efficace au lieu de se concurrencer.

Le bulletin n° 1.2020 du Forum du développement territorial «La mobilité combinée – Territoire, technologie et comportements» peut être commandé par écrit à l’OFCL, 3003 Berne, au prix de 10 francs, TVA incluse (abonnement annuel à 20 fr., TVA incl.). Il est disponible gratuitement en PDF sur le site www.adre.admin.ch. Reproduction des articles encouragée avec mention de la source.


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Rudolf Menzi, Communication, Office fédéral du développement territorial (ARE),
tél. 058 462 40 55, courriel: rudolf.menzi@are.admin.ch.



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