Mousse pour la plaie

Dübendorf, St. Gallen und Thun, 15.08.2019 - Les plaies qui peinent à se fermer et les vilaines cicatrices présentent plus qu’un problème cosmétique; elles peuvent limiter la mobilité et compromettre la santé des gens. Des chercheurs de l’Empa ont mis au point une mousse qui doit prévenir la formation de cicatrices exubérantes et accélérer la guérison des plaies. L’un de ses principaux ingrédients est un gingembre jaune: curcuma.

Une cicatrice au coude qui se tend à chaque mouvement, une plaie au pied qui ne veut simplement pas se refermer... les lésions qui peinent à guérir sont souvent handicapantes. Bien que des millions de gens soient quotidiennement concernés par ce type de problèmes, le processus de guérison des plaies n’est pas encore compris dans toute sa complexité et reste difficile à épauler. C’est pourquoi des chercheurs de l’Empa ont développé une mousse à déposer dans les plaies cutanées et qui en assiste le processus naturel de guérison.

Dans le cadre du projet «Scaravoid», Markus Rottmar et son équipe du laboratoire Biointerfaces de l’Empa ont adopté une nouvelle approche. «Les traitements traditionnels ciblent certains facteurs isolés du processus de guérison tels que l’apport d’oxygène ou le maintien de l’humidité, ce qui ne provoque qu’une réaction insuffisante», explique Rottmar. Le projet Scaravoid, qui est soutenu par la Fondation Gebert Rüf, doit permettre de comprendre et de faciliter l’ensemble du processus de guérison.

Une parfaite orchestration

On sait que le corps doit orchestrer toute une série de facteurs pour refermer une lésion cutanée et y substituer un tissu sain. Les cellules doivent être incitées à provoquer l’inflammation contrôlée qui nettoiera la plaie. Pour refermer cette dernière, il faut ensuite qu’un nouveau tissu se développe et forme de la peau fonctionnelle. Quand les conditions nécessaires sont réunies, la capacité du corps d’assurer sa guérison est surprenante; un disfonctionnement ponctuel peut toutefois dérégler le processus. Par excès, il provoquera la formation de vilaines cicatrices, par défaut, il ne permettra pas la fermeture de la plaie. Le risque est plus élevé chez les personnes âgées ou diabétiques.

L’équipe de «Scaravoid» se sert d’une structure polymérique biologique déjà agréée pour les applications médicales et cible plusieurs des mécanismes de guérison en jeu. Le polymère est d’abord monté en mousse au moyen de dioxyde de carbone (CO2) dans un réacteur à haute pression; la taille des pores peut y être finement réglée en ajustant la température et la pression. La mousse agit dès son application sur la lésion: sa structure poreuse favorise la colonisation par de nouvelles cellules. Etant biodégradable, elle permet aux cellules de s’organiser selon les besoins du corps et de constituer un nouveau tissu fonctionnel.

Renforcer l’équilibre naturel

Pour éviter les cicatrices exubérantes, la mousse polymérique est enrichie d’une substance bioactive inhibant la formation de cicatrice. Il s’agit d’un produit naturel mieux connu dans nos cuisines que dans nos hôpitaux: la curcumine. La poudre de racine du curcuma sert de colorant alimentaire (sous la désignation E100) à certains produits tels que la moutarde ou la margarine et contribue beaucoup à l’arôme du curry. Sur le plan pharmacologique, la curcumine présente des vertus anti-inflammatoires intéressantes. Les chercheurs de l’Empa en ont saupoudré des cultures de cellules et observé que la production de certains biomarqueurs typiques des cicatrices s’en trouvait nettement réduite.

La curcumine est intégrée à la mousse qui la libère progressivement, régulant ainsi le comportement et la fonction des cellules qui pénètrent cette mousse, et favorisant l’équilibre naturel nécessaire à la guérison de la plaie. Les essais actuellement poursuivis en laboratoire utilisent de petits disques de polymère. Dans les applications cliniques, on passera à des membranes polymériques que les médecins pourront découper aux dimensions de la plaie. Elles seront d’une aide précieuse en particulier lors de lésions importantes, consécutives par exemple à un accident ou à des graves brûlures.


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Dernière modification 05.01.2016

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