Le fléchissement de la conjoncture mondiale affecte également l’économie suisse

Berne, 13.06.2019 - Prévisions conjoncturelles du Groupe d’experts de la Confédération , été 2019* - Le groupe d’experts table sur une croissance modérée de 1,2 % du PIB en 2019. Le fléchissement de l’économie mondiale freine le commerce extérieur suisse. De surcroît, le climat de grande incertitude qui règne actuellement pèse sur les investissements. La croissance économique devrait rebondir à 1,7 % en 2020.

Au 1er trimestre 2019, l’économie a affiché une croissance significative dans le monde comme en Suisse. Les perspectives restent toutefois moroses et l’incertitude subsiste, ce qui incline le Groupe d’experts de la Confédération à s’en tenir à ses prévisions, soit une crois-sance inférieure à la moyenne pour l’économie suisse en 2019 (+1,2 % ; prévisions de mars : +1,1 %) et un rebond à 1,7 % (inchangé) en 2020.

Dans le sillage du recul conjoncturel international, le commerce mondial affiche une crois-sance molle et la demande de produits suisses faiblit, ce qui a pour effet de ralentir les exportations. La baisse du taux d’utilisation des capacités de production, conjuguée au climat de grande incertitude, freine l’activité d’investissement des entreprises. En outre, il ne faut s’attendre qu’à des impulsions de croissance modestes du côté des investissements dans la construction, où le taux de logements vacants grimpe et le nombre de permis de construire octroyés baisse.

La situation demeure favorable dans l’ensemble sur le marché du travail en 2019. Le taux de chômage est faible en moyenne annuelle (2,4 %), et l’emploi continue de progresser, quoique de manière moins vigoureuse que l’an dernier. Les salaires pourraient à nouveau augmenter légèrement, sur fond d’inflation modérée (renchérissement annuel en 2019 : 0,6 %). Le pouvoir d’achat des ménages en profite, et la consommation privée se redresse quelque peu après une année 2018 faible.

Si le conflit commercial international ne s’intensifie pas, l’économie et le commerce mondiaux devraient connaître une croissance plus soutenue en 2020, qui stimulerait également les exportations suisses. Les investissements retrouveraient eux aussi leur élan. Dopées par la hausse des revenus réels et la croissance continue de l’emploi, les dépenses de consommation grimperaient également. Les effets du ralentissement économique actuel sur le marché du travail seront perceptibles avec un certain décalage : en 2020, le groupe d’experts table sur une hausse du taux de chômage à 2,6 % en moyenne annuelle.

Risques conjoncturels
Les risques conjoncturels continuent de dominer le tableau de la conjoncture mondiale. En Chine, les premiers effets du différend commercial avec les États-Unis se sont concrétisés : le commerce extérieur affiche une évolution peu réjouissante et la croissance s’est contractée ces derniers trimestres. Avec les récentes hausses tarifaires, le conflit commercial a pris une tournure défavorable. Si la situation devait continuer à se détériorer, il faudrait s’attendre à un net ralentissement de la conjoncture mondiale et, partant, de l’économie suisse, surtout si l’UE et l’Allemagne étaient durement touchées. À l’inverse, un éventuel accord sur les points importants du différend commercial redonnerait un coup d’accélérateur à la conjoncture, tant en Suisse qu’à l’étranger.

En Europe, l’incertitude politique domine. D’une part, la date exacte ainsi que les modalités du Brexit ne sont pas encore connues et, d’autre part, la situation économique et financière de l’Italie reste incertaine. En ce qui concerne les relations de la Suisse avec l’UE, la situation s’est quelque peu apaisée avec l’acceptation de la réforme de l’imposition des entreprises, mais l’incertitude demeure dans le dossier de l’accord-cadre. Si les relations avec l’UE devaient nettement se refroidir, l’attrait de la place économique suisse et l’activité d’investissement des entreprises risqueraient d’en pâtir.

Compte tenu des déséquilibres latents dans le secteur de l’immobilier, le risque d’une sévère correction dans ce secteur reste d’actualité. En revanche, en Suisse comme ailleurs, la conjoncture intérieure pourrait retrouver une vigueur plus grande que prévu, au vu de la bonne tenue du marché du travail. Ce sont essentiellement les branches des services axées sur le marché intérieur qui en tireraient profit.

* Vous trouverez de plus amples informations sur les prévisions conjoncturelles du groupe d’experts dans la publication trimestrielle Tendances conjoncturelles, disponible en ligne (www.seco.admin.ch/tendances-conjoncturelles) ou au format papier en annexe de la revue La Vie économique (www.lavieeconomique.ch).


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Dernière modification 05.01.2016

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