Les deux objets fédéraux soumis à votation le 9 juin dernier ne sont pas parvenus à mobiliser les citoyens. Comme lors des votations précédentes le 10 mars, le taux de participation s'est situé aux alentours de 31 %. L'abstention la plus forte a été enregistrée en Valais (86,2 %). La participation la plus élevée (60,1 %) a été le fait des Genevois, qui se prononçaient simultanément sur la très contestée traversée de la Rade.
Selon l'analyse Vox, la possibilité de nommer dix secrétaires d'Etat a constitué la pierre d'achoppement de l'objet. Les votants ont craint que cette innovation renchérisse excessivement la réforme et qu'elle conduise à une désorganisation dans l'administration.
Ce point de vue a été amplifié par les opposants à la réforme, USAM en tête. La campagne, très efficace, est parvenue à mettre en doute l'utilité et la nécessité de la réforme. Le vote des citoyens reflète en outre le clivage entre une droite traditionnellement plus sceptique face aux réformes et une gauche généralement plus prompte à soutenir les efforts de modernisation.
A travers cet échec s'exprime aussi une certaine méfiance à l'égard du gouvernement. Les persones affirmant avoir confiance dans le Conseil fédéral ont accepté la réforme majoritairement, alors que les autres l'ont nettement rejetée. L'»emballage» de l'objet, ressenti comme un mauvais compromis entre les aspirations du parlement et celles du gouvernement, a également contribué à son rejet.